Une famille à vélo

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Le voyage en chiffres

  • 4 pays

  • 3 capitales

  • 5 mois

  • + de 3'200 kilomètres de vélo

  • Des dizaines de rencontres inoubliables

  • 3 ans, l'anniversaire à Noémie, que l'on a fêté dans une station-essence au Cambodge

  • 2 chutes

  • 1 fois la remorque renversée (Noémie ne s'est même pas réveillée...)

  • 6 crevaisons

  • 2 chaînes remplacées

  • 1 changement de câble de dérailleur

  • 18 kilomètres à vélo sur une autoroute

  • 8%, l'inclinaison de toutes les pentes en Thaïlande. A croire qu’ils n’ont qu’un seul type de panneau.

  • 0 journée sans piqûres de moustique

  • Des dizaines de cafards écrasés

  • Des dizaines d'animaux rencontrés : chien, chat, poule, singe, serpent, scorpion, varan, méduse, tortue, lézard, éléphant...

  • 2 sandwichs engloutis, malgré l’intrusion de fourmis dans la garniture.

  • 2 jours de pluie sur 150

  • 1 main passée dans un ventilateur

  • 2 francs, la nuit d'hôtel la moins chère

  • 6 nuits chez des warmshowers

  • + de 50 livres lus

  • 33 articles sur notre blog

  • + de 4'000 visites sur notre site Internet à l'heure à laquelle nous publions cet article.

  • 7 vidéos

  • Plus de 2'000 photos

  • 1 guide de voyage sur l'Asie du Sud-Est à vélo écrit suite à notre périple

  • 100% de plaisir !

Le meilleur

  • Le pays coup de coeur : le Laos.

  • La rencontre la plus marquante : la tribu des montagnes du nord de la Thaïlande.

  • Le meilleur plat : le lok lak au Cambodge, un émincé de bœuf sauce au poivre.

  • Le plus beau coucher de soleil : sur le littoral de Kep, au sud du Cambodge.

  • La capitale la plus agréable : Vientiane au Laos.

  • La plus belle ville, Luang Prabang au Laos.

  • Le temple le plus impressionnant, Preah Khan à Angkor, au Cambodge.

  • La plus belle île, Koh Rong Samloem au Cambodge.

  • La plus belle plage, freedom beach à Koh Tao, en Thaïlande.

  • La grotte la plus impressionnante, Phraya Nakhon avec son temple, en Thaïlande.

  • La région la plus paisible : les 4000 îles sur le Mékong au Laos.

  • Le musée le plus intéressant, les rats démineurs à Siem Reap, au Cambodge.

  • La meilleure piste cyclable, au sud de Hua Hin en Thaïlande.

  • La plus belle maison, le musée de la photo à Vientiane au Laos.

  • Le fruit le plus surprenant : le durian

Le pire

  • Notre pire galère : rouler à vélo dans du sable au Cambodge en ayant épuisé nos réserves en eau.

  • La route menant à Rach Gia, au Vietnam. La clé de notre survie était d’éviter à la fois les trous sur la route et les camions, tout en respirant la poussière et les gaz d’échappement, sous un soleil de plomb.

  • La ville la plus moche : Sihanoukville au Cambodge.

  • Le pire repas : un restaurant chinois à Preah Vihear au Cambodge. Le plat était constitué d’un conglomérat d’os, de peau poilue et de gras, le tout baignant dans un liquide brunâtre. Nous ne saurons jamais de quel animal provenaient ces éléments, et c’est peut-être mieux ainsi.

  • La plus grande perte : une des petites roues de la remorque à 10 jours de la fin du voyage.

  • La pire ville à vélo : Bangkok où l’espérance de vie des cyclistes se mesure en minutes.

  • Les plus mauvais en calcul mental : les Laotiens. Le Laos étant le pays le plus pauvre de la région, les enseignants qui débutent dans le métier ne sont pas payés les deux premières années, ce qui a pour conséquence un problème évident de recrutement.

  • Le moment le plus gênant : Noémie qui fait ses besoins spontanément au milieu d’une cours d’école au Vietnam.

  • L’objet le plus inutile emporté dans nos sacoches : des sur-chaussures de protection de pluie et du froid en Gore-Tex.

  • Le plus dur : passer de l’idée d’un voyage de longue durée à sa concrétisation. Une fois cette étape passée, tout le reste devient facile !

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Notre trajet de retour est chaotique. Le premier avion est en retard et nous devons prendre deux autres avions, pour rejoindre Genève. On enregistre à nouveau nos volumineux bagages, qui ont déjà été stockés au fin fond de l’aéroport de Düsseldorf. Au guichet, c’est le drame : il semblerait que le deuxième avion soit un trop petit appareil pour embarquer nos vélos. Lisant la déception sur notre visage, une employée plus expérimentée passe plusieurs appels téléphoniques. Finalement, elle nous annonce que c’est réglé. On ne saura jamais comment, mais nos bagages arrivent à bon port à Genève, certes à trois endroits diamétralement opposés dans la halle de retrait, mais ils sont tous là !


On a dû décaler les parents, qui venaient nous chercher avec le pick-up d’un copain. Ce qu’on ne sait pas non plus, c’est que toute notre famille s’est mobilisée chez nous, pour nous faire un accueil digne de ce nom. Enfin, on retrouve notre appartement et surprise : le ménage est fait, le frigo est plein… on n’y croit pas ! Malgré nos gros cernes et notre état vaseux, on est heureux de partager un bon moment avec nos proches. Noémie retrouve sa chambre et ses jouets : elle joue jusqu’à l’épuisement.


3 h du matin, on ne peut plus dormir. Argh, c’est le décalage horaire. On fait des crêpes et on remarque que le changement d’heure nous est bénéfique : il est en réalité 4 h, c’est plus raisonnable comme heure. Noémie ressent un petit coup blues de retour. On décide de l’emmener à la garderie pour retrouver ses copains, mais la voiture n’a pas de plaques et les vélos sont encore en pièces détachées dans les cartons. On arrive tout de même à trouver deux autres vélos, à sortir le petit siège de Noémie d’un carton, et départ pour 35 minutes de vélo jusqu’à Champvent. On déchante un peu. Ce matin-là, il y a du givre et on a bien froid. On attrape même le rhume, mais on est heureux de retourner sur les vélos !


On n’est pas au bout de nos surprises, voilà qu’il se met à neiger. Noémie est aux anges : « C’est l’hiver ! s’exclame-t-elle.

- Hum, non c’est le printemps... »

Nous qui croyions y avoir échappé. On s’enferme dans l’appartement et en regardant la neige tomber, on gère la paperasse qui s’est accumulée. On regrette un peu les cocotiers !

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En rentrant par le rail jusqu’à la capitale, nous faisons escale à Ban Krut. Ce n’est pas encore la banqueroute et nous avons envie de profiter au maximum du calme avant de rentrer dans la fournaise de Bangkok. C’est une petite ville de bord de mer avec une plage incroyable: sable fin, légères vagues et très peu de touristes. Il y a pourtant nombre de « resorts » mais c’est comme s’ils avaient vu trop grand… Ça rappelle un peu l’île de Phu Quoc au Vietnam. On rencontre des pêcheurs thaïlandais qui se promènent à 1 mètre de profond avec un filet. Ban Krut c’est aussi son temple perché sur la colline et des routes ombragées par de grands cocotiers. D’ailleurs, on a souvent peur qu’elles nous tombent sur la tête. Les indigènes nous rappellent régulièrement d’y faire attention, même si ça paraît compliqué d’anticiper la chute d’une noix de coco... On se repose, on ne prend même plus le temps de faire des photos. Ça sent la fin du voyage et on savoure l’instant présent.


On rencontre des amis suisses qui nous font voir leur Ban Krut et nous emmènent dans un temple secret. Il se situe dans une grotte remplie de statues de Bouddha.


Les élections font rage en Thaïlande. Depuis notre arrivée, nous ne cessons de croiser des pick-up bardés d’affiches électorales et diffusant des discours ou de la musique. Ce pays n’est pas encore prêt à la démocratie et c’est le parti pro-armée qui est à nouveau élu. Le matin de notre départ l’hymne national résonne dans la gare et tous les habitants interrompent leur activité pour se tenir au garde à vous, quitte à s’immobiliser au milieu des voies de chemin de fer. Nous on prend le train jusqu’à ce lieu de passage obligé : Bangkok.


Après une journée de voyage, nous voilà arrivés dans cette métropole de 20 millions d’habitants. Depuis la gare nous roulons 700 mètres jusqu’au premier hôtel que nous trouvons et c’est déjà une sacrée expédition : voitures, bus, scooters, tuk-tuk, routes à plusieurs pistes, carrefours bouchés… L’espérance de vie d’un cycliste baisse drastiquement dans ce milieu dopé aux hydrocarbures. Mais dans cette ville, il faut bien ce le dire, aucun mode de transport n’est optimal. On essaie même le bateau: il y a des vagues énormes sur la Chao Phraya (dû à la proximité à la mer) et les conducteurs circulent comme des tarés. Lorsqu’ils arrivent à l’embarcadère, la vedette tape violemment le ponton, heureusement qu’il y a des gros pneus qui amortissent l’impact. Ça permet néanmoins d’éviter les embouteillages qui encrassent le ciel toujours gris. En janvier 2019, les pics de pollution étaient si élevés que deux avions de l’armée de l’air thaïlandaise ont aspergé les nuages de produits chimiques pour provoquer des précipitations. Les pompiers étaient également mobilisés pour asperger d’eau certains quartiers. Il est légitime de se demander s’il ne serait pas plus judicieux de s’attaquer aux causes de la pollution plutôt que de se focaliser sur les conséquences à coup de solutions temporaires. Les mesures « impopulaires », telles que l’interdiction du trafic à certaines heures ou la circulation alternée proposées par certains ne sont pas à l’ordre du jour. Bangkok n’est pas encore prête à sortir du top 10 des villes les plus polluées au monde.


On pourrait croire que Bangkok est une ville inintéressante et pourtant nous vivons de jolis moments. Nous contemplons les élèves d’une école d’art en train de dessiner une stupa. A défaut de visiter le palais du roi, la queue étant canalisée sur plusieurs kilomètres entre des rambardes de sécurité, nous nous baladons dans deux centres commerciaux hors du commun : jardins suspendus, décorations incroyables (lanternes chinoises, néons colorés), expositions de photos, marché de rue reconstitué, barques et étendues d’eau, vue sur la ville, etc. Bangkok est une ville terriblement contrastée. Les plus pauvres y côtoient les plus riches. Dans les rues bordant notre hôtel, on se faufile dans des ruelles à l’odeur nauséabonde. On évite les flaques douteuses et sur les trottoirs on manque de bousculer les marchands et cuisiniers de rues. On admire le peu d’espace à disposition pour faire la cuisine, ça relève de la prouesse. Mais on ne goûtera pas car nous sommes culturellement beaucoup trop éloigné. Par exemple, nous passons souvent devant un restaurant de rue bondé et à chaque fois, l’odeur nous donne la nausée et la vision des poissons couverts de mouches nous écoeure. Sans doute que si nous étions nés ici, cette odeur nous serait alléchante. Nous sommes différents et c’est ce qui rend le monde aussi intéressant et riche.


L’heure du retour a sonné mais ce voyage restera à jamais en nous. Nous incitons chacun d’entre vous à tenter l’expérience de sortir de sa zone de confort quel que soit le domaine de la vie. On ne sait pas de quoi demain sera fait et il y a tant de choses à découvrir !


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