Une famille à vélo

sketch_velo_voyage.png

En Thaïlande, nous sommes immédiatement surpris par la gentillesse des gens : tout le monde vient vers nous, nous pose des questions, propose son aide. Les Thaïlandais sont fidèles à leur réputation. Noémie reçoit tous les jours des jouets, si bien qu’il n’y a bientôt plus de place dans la remorque.


Dans une petite ville du nord, nous sommes en train de manger une soupe lorsqu’un homme se présente. Il s’appelle Kong et il va bouleverser les prochains jours de notre voyage. Nous sommes liés par le vélo. Il est lui aussi inscrit sur le site web « Warm Showers » qui permet de recevoir chez soi des voyageurs à vélo pour passer la nuit. Ce soir-là, il nous invite à dormir chez lui. Malheureusement, nous nous sommes déjà engagés dans un hôtel, alors il nous invite à boire le café le lendemain matin. Le café se transforme en 2 heures de discussion dans son coffee shop, une sorte de laboratoire où il fait ses expériences avec le café (y trônent diverses machines à café, des torréfacteurs et son vélo). Kong est « coffee farmer and roaster». Il nous propose de nous emmener dans la montagne où il a sa plantation et où la tribu « Lisu » fait justement une cérémonie pour le Nouvel An chinois. C’est avec grand plaisir que nous acceptons. Il nous aurait été impossible de nous rendre dans ces contrées abruptes s’il ne nous avait pas proposé de charger nos vélos dans son pick-up.


Nous partons donc à l’aventure. Première arrêt : sa plantation de café dans laquelle nous nous promenons au soleil couchant. Entre les caféiers, on grignote des prunes et des fruits de la passion. Deuxième arrêt : nous retrouvons des amis à Kong, deux Allemands qui voyagent en moto et avec eux nous allons visiter une usine de café. On y sèche, lave et fait fermenter le café avant de le mettre dans de grands sacs de jute pour l’exportation. Troisième arrêt : place de camping incroyable dans un trou de verdure au milieu des montagnes. On monte la tente et Kong cuisine pour tout le monde un bon repas thaïlandais : légumes, riz et viande. La soirée est arrosée d’alcool d’ananas et de maïs. Au matin, Kong a disparu. On ne s’inquiète pas trop et il revient quelques heures plus tard. Il s’est levé à 6 heures du matin pour aller nous chercher des spécialités de la région. On mange du « sticky rice » agrémenté de sauce sucrée, d’oeufs et de lait de soya et de maïs. C’est délicieux! Quatrième arrêt : nous partons à la rencontre d’une famille du peuple « Lisu ». Ceux-ci étant animistes, la cérémonie se passe en haut de la montagne sacrée autour d’un arbre. Ils croient aux esprits de la nature. C’est une tribu qui vient de Chine et parle son propre dialecte. La famille en question se compose d’une centaine de personnes. Toutes les générations portent pour l’occasion des costumes traditionnels colorés. On est les seuls touristes là au milieu et on ne sait pas trop comment se comporter. Manon se fait emporter dans une ronde, pas le choix, il faut suivre le monsieur qui fait de la musique sur un instrument bizarre et danser en rythme. Des petites filles intègrent Noémie qui se met aussi très vite à danser. A tout moment quelqu’un arrive vers nous avec un petit verre rempli d’alcool de maïs qu’il est préférable de descendre d’une traite tellement ça arrache. Impossible de refuser, ce serait impoli. Un groupe de filles parlant anglais nous invite à nous asseoir avec elles. Elles nous font déguster des fruits rouges et ça aussi ça arrache ! Après 2 heures de danse, tout le monde se prosterne devant l’autel sacré. L’écho des pétards retentit dans la montagne, puis on se lève, on se souhaite mutuellement une bonne année et le gourou nous attache des bracelets en prononçant des prières pour porter chance. Puis, on redescend de la montagne et on est invité à manger une salade de papayes vertes agrémentée de sauce de poisson.


C’est un peu éméchés et le coeur lourd que nous quittons Kong en le remerciant mille fois de nous avoir fait vivre ces expériences hors du commun. Il nous dépose en haut d’une montagne où nous repartons sur nos vélos dans une descente au panorama incroyable : lac, bananiers et rizières.


Nos débuts thaïlandais sont riches de découvertes et c’est plein de réjouissances qu’on aborde la suite du voyage qui va durer plus longtemps que prévu dans ce pays. En effet, nous avons du changer nos plans et nous n’irons pas en Birmanie. Après avoir lu plusieurs blogs nous nous sommes rendus compte que ce pays n’est pas adapté aux voyageurs à vélo : les hôtels sont trop éloignés les uns des autres, des cyclo-voyageurs ont vécu des échanges de tirs de mortier l’année passée à l’endroit où nous avions prévu de traverser la frontière, le camping est interdit et les habitants ont l’obligation de dénoncer ceux qui s’y essaieraient. Tant pis, ce sera pour une autre fois, mais sans vélo ni tente.


77 vues

30 jours de voyage résumés en vidéo !

43 vues

Après quelques jours à profiter de Luang Prabang, il est temps de partir. Nous embarquons pour une « croisière » de deux jours sur le Mékong à destination de la Thaïlande. D’ailleurs, nous écrivons une partie de cet article sur le bateau, assis sur des banquettes de voitures récupérées. En levant les yeux de notre ordinateur, nous voyons l’eau brunâtre du fleuve. Puis, sur les berges, de véritables plages de sable en strates témoignant des différentes hauteurs d’eau selon la saison. Elles sont bien apparentes puisque c’est actuellement la saison sèche. Quelques vaches évoluent sur ces bancs de sable. Au dessus, une jungle dense recouvre des reliefs où de rares habitations témoignent d’une présence humaine. De temps à autre, le cadavre d’une vache ou d’un porc flottant au gré du courant vient rompre la monotonie de ce paysage.


Nous arrivons à la frontière thaïlandaise en fin de journée et devons absolument la franchir car c’est le dernier jour de validité de nos visas laotiens. Le poste-frontière est immense et fait plus penser à un temple qu’à un édifice officiel. Un pont sur le Mékong fait office de no man’s land entre les deux États. Nous nous dépêchons car nous ne savons pas où nous allons dormir ce soir et la nuit est déjà tombée. D’autant plus que rouler à gauche, de nuit, dans un pays qui nous est inconnu ne nous enchante guère. Le garde-frontière laotien, corrompu par définition, nous soustrait les quelques dollars habituels en invoquant l’heure tardive. Puis, nous devons encore payer un bus qui doit nous faire traverser le pont car les déplacements à vélo ou à pied sont interdits. Le chauffeur du car ouvre les portes de la soute et nous fait comprendre que les deux vélos, la remorque et nos huit sacoches doivent y entrer. Tout ça juste pour traverser le pont. Nous lui faisons à notre tour comprendre qu’on n'a aucune envie de tout charger dans son bus. Il se rend compte de l’absurdité du règlement et nous indique que nous devons le suivre. C’est bien la première fois que nous avons un car vide comme escorte et c’est surtout la première fois que nous payons un ticket de transport pour le suivre à vélo ! Evidemment, le terme remboursement n’existe pas dans leur vocabulaire. De l’autre côté du pont, les deux pistes se croisent et nous devrons désormais rouler à gauche. Au poste-frontière thaïlandais, à notre grand désespoir, le guichet délivrant les visas est fermé. Nous nous avançons alors au bureau suivant et la fonctionnaire nous apprend, pour notre plus grand bonheur, que le passeport suisse ne nécessite pas de visa.


Nous roulons quelques kilomètres dans la nuit jusqu’à trouver un hôtel. Epuisés par cette longue journée (9 heures de bateau, 25 kilomètres de vélo et le passage d’une frontière), nous nous installons dans une chambre au bord du fleuve. Le subconscient de Dominique, pour une raison obscure, décide d’enclencher le ventilateur du plafond alors que les températures sont fraîches. Ensuite, pressé de prendre une douche, il retire son tee-shirt en levant bien les bras en hauteur. Lorsque les pales métalliques tournant à toute vitesse heurtent sa main, il se rappelle soudain qu’un ventilateur est en fonction au-dessus de sa tête. Croyant d’abord à tort avoir perdu quelques doigts, la douleur l’oblige à s’étendre sur le lit. Résultat : le pouce a doublé de volume et est en train de virer au bleu, tandis que les autres doigts, en partie ensanglantés, peinent à bouger.


Le lendemain, Dominique doit apprendre, malgré lui, à manier sa bicyclette de sa seule main valide.


78 vues
Guide de voyage Asie du Sud-Est à vélo et en famille, Vietnam, Cambodge, Laos, Thaïlande, voyage à vélo en famille, famille à vélo, livre, itinéraire, carte, Asie à vélo
Guide de voyage Asie du Sud-Est à vélo et en famille, Vietnam, Cambodge, Laos, Thaïlande, voyage à vélo en famille, famille à vélo, livre, itinéraire, carte, Asie à vélo
Vietnam, Cambodge, Laos, Thaïlande, à vélo et en famille. Un guide 100 % terrain.
Commandez le guide ici.

Copyright © 2016-2021 Dominique et Manon

sketch_velo_voyage.png