Une famille à vélo

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On poursuit notre route vers le centre de la Thaïlande. Il y a moins d’hébergements mais c’est ce qui va nous amener dans des lieux improbables à la rencontre de personnes formidables. Après avoir roulé entre les greens d’un golf fantôme, on finit par tomber sur l’hôtel de celui-ci. C’est hors de prix et l’employé nous renvoie vers un épicier qui pourrait nous loger. Arrivés là-bas, nous suivons l’épicière sur son scooter jusqu’à une jolie petite maison au bord d’un étang qui sera notre gîte pour la nuit. Celui-ci est quatre fois moins cher que l’hôtel du golf et mille fois mieux ! Le père de l’épicière qui ne parle pas un mot d’anglais nous apporte à boire et à manger. On déguste pour la première fois ces fameuses nouilles instantanées très populaires en Asie et qui sont un véritable désastre sanitaire, car notamment enrichies en matières grasses et contenues dans un bol fait d’une matière cancérigène. Bon là on a faim et on ne se pose pas trop de questions... On a une petite terrasse pour nous avec vue sur l’étang, les vaches et les poissons.


Le jour suivant, de nouveau la question du logement se pose. Il semblerait qu’il y ait un pseudo camping repéré sur google map. On est dans la forêt, il n’y a rien que de la nature quand surgit un complexe restaurant-piscine-bungalow et, cerise sur le gâteau, la propriétaire parle français. On savoure la fraîcheur de la piscine et on mange une pizza au feu de bois.


Et rebelote le jour suivant, on tombe à nouveau sur un lieu improbable. On a repéré une « homestay » dans une petite ville. William, le propriétaire, est en train de donner un cours de math devant la maison. Les élèves ont environ 12 ans. Dom se retrouve à leur expliquer en anglais notre voyage à vélo, ce qui lui permet de ne pas trop perdre la main... Ce soir-là, nous partageons notre repas avec Lewis, un anglais qui organise des vacances à vélo pour les riches Américains, en France, six mois de l’année. Les autres six mois, il voyage tout seul à vélo. C’est un « vélo addict » , il a même un tatouage de vélo sur l’avant-bras et il fait environ 160 km par jour. William, notre hôte, nous fait beaucoup rire. Il n’accepte que les cyclistes dans sa maison car ils sont selon lui plus ouverts d’esprit, moins difficiles et plus gentils que ceux qui se déplacent par des moyens motorisés. Ce soir-là, on se rend encore au temple fêter le « Makha Bucha ». C’est un jour férié important pour les bouddhistes. A peine arrivés, on nous met dans les mains trois bâtons d’encens, une bougie et une fleur. Puis c’est séance photo avec les locaux. On finit par donner nos offrandes à bouddha avant qu’un moine referme les grilles derrière nous. Nous quittons une belle stupa dorée et couverte de bougies.


Le lendemain, on s’arrête dans un café vide et au milieu de rien. Soudain, deux voyageurs à vélo qui ont repéré nos bicyclettes débarquent. Nous allons faire deux jours de vélos avec Carlos et Charlotte. Ils sont partis de Belgique à vélo et ça fait plus d’un an qu’ils sont sur la route. Ils ont traversé l’Europe en hiver sur leur vélo. On les admire. À côté, on fait une promenade de santé. Le plus drôle c’est que Carlos n’a appris à rouler à vélo qu’à 18 ans et s’est lancé dans ce périple sans apprécier ce moyen de transport... On dirait que ça lui plaît finalement ! Quel plaisir de refaire le monde en français et de se donner des conseils cyclistes. Ils ont même la patience de rester avec nous malgré notre lenteur et nos trois crevaisons ! C’est ensemble que nous débarquons au soleil couchant dans les ruines de Sukhothai, une ancienne capitale du Siam. On passe une journée à visiter les temples.


Puis, on se rend à Ayutthaya et à nouveau on enchaine les visites de temples. Et à vrai dire, on commence à avoir notre dose de temples, même si tous sont vraiment magnifiques.


Sur le quai de la gare, c’est le rendez-vous de la francophonie : un couple de Belges et un autre de Français nous accompagnent dans le train jusqu’à Bangkok. La correspondance nous fait bien transpirer car le premier train a du retard et nous devons encore acheter les billets pour nos vélos. Pour gagner du temps, nous roulons sur le quai en sachant bien que c’est prohibé. En effet, l’agent de sécurité nous repère et nous sermonne avec son sifflet. Tant pis, on descend de nos vélos et continuons en courant sans écouter ses remontrances. Ayant enfin atteint le wagon-cargo situé à l’avant du train, les employés nous apprennent qu’il n’y a plus de place disponible pour nos vélos. On doit alors faire passer les vélos et la remorque par une fenêtre du train sous les injonctions du contrôleur stressé par le respect de l’horaire. Evidemment la remorque ne passe pas et elle prend finalement place dans le wagon-cargo. Tout transpirants et essoufflés, nous nous asseyons enfin lorsque Dom réalise que les billets de train ne sont plus dans sa poche. En effet, il a fallu les donner aux employés du wagon-cargo pour vérifier que nous avons bien payé pour les vélos et pensons qu’ils les détiennent encore. Pour finir, Manon découvre en fait qu’ils étaient dans sa poche... Bref, on a passé que 30 minutes à Bangkok, mais celles-ci furent intenses.


Dans ce second train, on rencontre une famille française avec deux petits garçons qui font le bonheur de Noémie. On fait également la connaissance d’un couple franco-brésilien qui réside justement dans la ville où nous nous rendons et nous donnent de précieux conseils. A nous le Sud, ses plages et autres curiosités !

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Flânerie


Nous sommes surpris par le charme de la ville de Chiang Mai. Le vieux centre historique est parsemé de petites ruelles, de verdure et de jolies maisons. On apprécie la flânerie dans ce dédale. On se ressource dans un parc agréablement fleuri. Un soir, un temple aux vieilles pierres illuminées nous émerveille. C’est avec regret que l’on quitte ce lieu délicieux.


Douceur


Ce matin, Noémie est toute endormie, nous lui glissons dans l’oreille le mot « éléphant » et soudainement, elle se lève un grand sourire sur les lèvres. Nous passons un moment merveilleux avec ces imposants pachydermes. L’objectif est de les cajoler au maximum. Nous sommes dans un sanctuaire où les éléphants qui ont souffert dans leur vie sont sauvés et dorlotés. Il faut savoir que beaucoup sont utilisés pour travailler ou pour promener les lourds touristes et c’est harassant. A cela s’ajoute le braconnage pour leurs défenses. Et devinez quoi : pour faire un éléphanteau, 24 mois de gestation sont nécessaires ! Tous ces points éclaircis, vous comprenez pourquoi ils sont bien évidement en voie de disparition. Ici, on nous ordonne de les câliner. Ce qui fait un peu peur. Ils sont assez imposants et on imagine que par inadvertance ils pourraient nous écraser comme une mouche. Mais après 2 heures de douceur on est déjà plus en confiance. On les nourrit de bananes. Ils mangent 10 % de leur poids par jour alors autant dire que c’est un amuse-bouche. Les 50 bananes qu’on a dû donner à chacun sont passées tout droit… Ce sont des puits sans fond. Il y a même un bébé qui a le même âge que Noémie mais fait 10 fois son poids. Pour ce dernier, un petit traitement de faveur : on lui pèle sa banane avant de la lui glisser dans la trompe qui lui sert de main. Après, on se baigne avec eux. D’abord dans la boue. Ça fait office de savon paraît-il. On est un peu dégoutté mais très impressionné par l’agilité de ces mastodontes à patauger dans cette gadoue. Puis, on se rince tous ensemble à l’eau claire. Encore quelques câlins et c’est là que s’achève cette douce et belle rencontre.


Nature et souffrance musculaire


Nous traversons des parcs naturels aux voies escarpées mais magnifiques. Les routes sont neuves et toutes petites. On a l’impression d’être dans un jardin de circulation pour apprendre aux enfants à aller à vélo. Autour de nous, des murs de végétation d’où sortent des sons étranges qu’on essaye vraiment d’associer à des oiseaux. Etant donné que nous campons dans le coin, l’envie de se confronter à des serpents ou d’autres animaux sauvages ne nous plaît pas tellement. Un soir, on arrive au bord d’un lac au calme plat. Après des montées durant lesquelles on a sué en poussant à deux la remorque sur plusieurs kilomètres, on est vraiment heureux de se laver dans l’eau fraîche. La place de camping est idyllique. Le parcours se poursuit dans une campagne tranquille jusqu’à ce que non un mais trois paysans nous incitent à faire demi-tour en agitant leurs paumes de main. C’est avec regret que l’on doit rebrousser chemin.


Effrayant, mais pas le choix


Si on nous avait dit qu’un jour on aurait roulé à vélo sur une autoroute on l’aurait démenti. Mais après avoir étudié la carte de long en large et discuté avec l’employée d’un restaurant, il se trouve que nous n’avons pas le choix. 18 kilomètres désagréables mais c’est autorisé en Thaïlande, en tout cas sur ce tronçon. Il y a même un panneau de signalisation assez drôle qui rappelle aux cyclistes de tenir la gauche… on ne s’en serait pas douté ! Alors, on se met de la musique motivante dans l’oreille côté forêt, on fait le plein d’eau car évidement il est 13h et ça tape, Dom s’équipe de phares clignotants et départ à fond pour avaler ces kilomètres qui s’avèreront vite effectués… ouf !



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