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Tour de Manche

Le Tour de Manche : notre premier voyage à vélo !

Notre boucle consistait à traverser une partie de la Bretagne le long des côtes jusqu'à Roscoff pour y prendre un ferry en direction de Plymouth. Puis, nous avons arpenté le littoral anglais jusqu'à Poole et y avons embarqué à nouveau en direction de la France... d'où l'appellation Tour de Manche. Cet itinéraire nous a pris deux semaines et nous avons parcouru plus de 700 km.

Etant donné que c'était notre premier projet de voyage à vélo, nous avions une certaine appréhension : 3 semaines seraient-elles suffisantes pour parvenir à terminer le parcours ? Noémie, à 8 mois, supporterait-elle le voyage dans sa remorque ? Avions-nous pris trop de matériel ? Ou au contraire nous manquerait-il des éléments essentiels ?

C'est avec de nombreuses questions mêlées à notre enthousiasme que nous sommes partis le vendredi 22 juillet 2016 de St-Uzec en Bretagne.

Les craintes du début se sont rapidement dissipées et une routine s'est installée. Nous parcourions une cinquantaine de kilomètres par jour sur un tracé loin d'être plat (en Angleterre, certaines pentes atteignent 17% de déclivité !)

Noémie passait une bonne partie de la journée à dormir, était nourrie et changée par tous les temps, dans une multitude d'endroits loin du confort d'une douillette table à langer ! 

En termes de logistique, il nous fallait deux bonnes heures le matin entre le réveil et le moment du départ. Les tâches matinales consistaient à bouillir de l'eau afin d'avoir un thermos pour les biberons, démonter la tente, fixer le matériel sur les vélos, récupérer le cool-pack laissé au congélateur du camping (ce qui nous permettait d'avoir une glaciaire faisant office de frigo pour la journée).

Voyager à vélo signifie liberté, mais également vulnérabilité! Cette dernière est à l'origine d'une série d'anecdotes qui ont ponctué notre voyage...

Le port fantôme

Notre programme consistait à embarquer sur un ferry depuis Weymouth à destination de Saint-Malo. Sauf qu'une fois arrivés au port nous avons appris que plus aucun ferry ne dessert ce port depuis... 2 ans ! Notre topo-guide datait de 2014... Nous avons alors décidé de prendre le train le soir-même afin de rejoindre Poole, véritable ville po​rtuaire ! Nous prévoyions d'embarquer dès le lendemain, mais c'était sans compter sur le fait qu'il n'y avait plus de places sur aucun bateau pour les deux prochains jours !

D'abord troublés par cet imprévu, nous avons finalement savouré cette pause bienvenue.

Du désespoir au logis confortable

De Poole à Saint-Malo, la traversée en ferry était infernale tellement la mer était remontée (les passagers criaient, pleuraient, vomissaient pendant que le personnel s'activaient aux nettoyages...). Et ça a duré 6 heures ! L'estomac de Dominique n'a pas tenu non plus. Manon gisait au sol en attendant que ça passe pendant que Noémie dormait paisiblement. Arrivés enfin en France, nous sommes accueillis par une pluie torrentielle. Notre topo-guide nous indiquait deux possibilités pour quitter Saint-Malo, car il nous fallait traverser un bras de mer pour pouvoir poursuivre à l'ouest. La première consistait à embarquer sur un petit bateau, la seconde traverser un pont. Nous avons choisi la voie terrestre, car notre expérience maritime de la journée nous suffisait...

Evidemment, nous nous sommes perdus dans la ville et, après un détour d'une dizaine de kilomètres, nous sommes arrivés au pont. A notre grand désespoir, celui-ci était une semi-autoroute à forte circulation: impensable à vélo, encore moins avec une remorque !

Il ne nous restait plus que la première solution. Après avoir "profité" une seconde fois de la traversée de la ville, nous avons embarqué sur ce frêle esquif pour être accueillis par des crabes... morts!

Nous avons donc enfin pu quitter Saint-Malo, la météo est également devenue plus clémente. C'était l'occasion de faire sécher nos vêtements détrempés sur nos porte-bagages.

Soudain, une voiture s'est arrêtée à nos côtés. La conductrice nous a rapporté le pantalon de pluie à Manon qu'elle avait égaré en route. Par la même occasion, la dame nous a invités à dormir chez elle. Nous nous sommes alors retrouvés dans un appartement rien que pour nous dans une immense maison en campagne. Cette surprise en fin de journée était plus que bienvenue !

Soucis mécaniques standards

Les crevaisons et autres problèmes mécaniques font parties intégrantes du voyage à vélo! Manon a crevé à deux reprises et la remorque une seule fois. Les pneus anti-crevaisons à Dominique y sont peut-être pour quelque chose. Côté mécanique rien de grave, à part quelques grincements bizarres (les roulements d'une pédale et du pédalier ont lâché, mais on ne l'a appris qu'au retour). Nous avons la chance d'avoir Quentin, le cousin à Manon, qui tient son magasin de vélos près de chez nous et qui prépare parfaitement notre matériel. Son site internet est accessible ici

Etre bien visibles

A la base, un fanion permettait de signaler la remorque aux automobilistes, mais celui-ci a disparu, accroché dans des branches? Afin de garantir notre sécurité, Dominique a dû le remplacer par l'un de ses deux seuls T-shirts, qui, heureusement, était d'une couleur bien visible !

Pour conclure, l'expérience du voyage à vélo est très enrichissante. En effet, contrairement à la voiture ou l'avion, dans lesquels le voyageur est enfermé dans un sas climatisé, le cycliste savoure pleinement son voyage à travers ses cinq sens !

Sur la carte interactive ci-dessous, notre point de départ (et d'arrivée) est marqué par le drapeau vert. Nous avons effectué le tour dans le sens horaire.