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Koh Tao, l’île qui frime au rythme des marées

23/03/2019

L’île de Koh Tao peut être rejointe depuis la côte en 3h en bateau standard. Nous nous sommes cependant penchés sur une autre option : 6 heures de ferry de nuit avec les marchandises et les voitures. Pourquoi ? Nous sommes tombés par hasard sur l’embarcadère du ferry de nuit et sommes lassés de charger et de décharger nos vélos et de détacher la remorque. Nous savons qu’avec nos montures l’embarquement en ferry sera facilitée. Nous passons donc 6 heures dans un immense dortoir sur des lits confortables avec plus de 50 personnes. La traversée est douce, c’est à peine si nous nous rendons compte que nous sommes en pleine mer. Il est 5h du matin, le bateau est déjà arrivé à destination. On aurait bien dormi un peu plus. Nous remontons sur nos vélos et croisons des fêtards éméchés, bière à la main, torse nu et en chaussettes.

 

Nous choisissons de nous rendre sur cette île car elle est petite, couverte de végétation et parsemée de jolies plages. Nous savons par contre que nous ferons peu de vélo car les routes sont très raides si bien que s’en est même dangereux pour les scooters et que certains coins sont inaccessibles en voiture.

 

Sur l’île nous logeons chez un « warmshower » breton super sympa. Il nous donne plein de conseils pour visiter ce coin de paradis qu’il connaît comme sa poche. Après des études d’ingénieur en aéronautique en France, Nicolas a décidé qu’il ne serait pas un carriériste. Il a voyagé à vélo dans le monde entier et s’est arrêté notamment à Koh Tao pour devenir instructeur de plongée en apnée, un métier qui nous semble être très dangereux. Son hygiène de vie est exemplaire. Son bureau c’est la mer. Il nous initie au snorkeling et on voit plein de jolis poissons.

 

Les clubs de plongée pullulent (il y en a près de 80 sur l’île) et les touristes aussi (1000 résidents annuels pour 6000 visiteurs). Un navire américain de la Seconde Guerre mondiale a même été sabordé au large de l’île en 2011 pour offrir un nouveau spot de plongée. Il semblerait que c’est l’endroit où l’on peut plonger le moins cher au monde. Du coup, des jeunes beaux et musclés affluent du monde entiers et exhibent leurs tatouages en faisant leur jogging du matin en string sur la plage… On est très loin de la Thaïlande authentique. Nous ça nous arrange qu’ils plongent tous, car la journée lorsque l’on déambule sur l’île, ils sont tous sous l’eau et on est seul !

 

Les paysages sont incroyables : jungles, palmiers, rochers, petites criques et sable fin. On n’arrive même pas à choisir l’endroit que l’on préfère, tout nous éblouit. Il y a une seule tâche d’huile au décor, au sens littéral comme au sens figuré : ce sont les véhicules à moteur et surtout les bateaux et les scooters. Par endroit, on voit que la mer est souillée de liquides provenant de moteurs. C’est comme une marée noire qui progresse sournoisement. Pourtant, la politique zéro déchets sur l’île monte en puissance (pas de pailles ou des modèles réutilisables, des sacs plastiques payants biodégradables, des containers de tri, etc). C’est comme si on voulait cacher un problème par un autre. Selon nous, ce n’est pas la priorité numéro une de la Thaïlande mais plutôt une image verte qu’elle veut donner aux touristes. En effet, il suffit de se rendre sur le continent pour se rendre compte que l’usage en masse du plastique est un véritable fléau. Soit dit en passant, ça ne fait pas de mal, surtout que sur l’île le traitement des déchets n’est pas évident. De jeunes occidentaux ramassent les ordures sur la plage et Noémie s’amusent à leur en amener. C’est comme une chasse aux trésors. A savoir qu’il n’y a pas que la pollution des moteurs qui souille la mer mais également les eaux non-traitées. On voit sous les bungalows de la plage que l’écoulement de la douche se jette directement dans le sable. C’est l’envers du décor dont on se rend compte car nous passons une dizaine de jours sur cette île de 21km2. On s’imprègne de l’atmosphère, on commence à connaître du monde et à se sentir comme chez nous. On croise Caroline la prof de plongée qui vient de Montpellier, un serbo-suisse champion d’apnée (80 m de profondeur) et puis deux sympathiques familles francophones, l’une est bretonne, l’autre québecoise. Les Bretons démarrent un voyage de 6 mois, on enchaînerait bien avec eux.

 

Notre dernière soirée à Koh Tao est magnifique. On regarde le coucher du soleil sur la plage. Il y a un concert et quand on arrive au ferry, Nicolas nous rejoint pour les derniers adieux. C’est le coeur gros que nous le quittons. Mais nous avons encore du pain sur la planche si nous voulons l’égaler dans ses aventures en vélo !

 

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