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Vélo balnéaire

Hua Hin est une ville qu’on cerne assez vite. C’est le repère des retraités occidentaux et la ville n’est pas très belle. Par contre, la plage est digne d’une carte postale : du sable doux sur plusieurs kilomètres, des vagues parfaites, des chaises longues sous parasols (chaleur oblige) et de bons restaurants à touristes. On ne s’attarde pas. Une journée de repos à la plage et zou ! En quittant la ville, on découvre la première réelle piste cyclable du voyage. On croit rêver. Les panneaux indiquent: « Only bike ». Soudain, le peloton du tour de France nous dépasse : c’est le club des cyclistes d’Hua Hin. Moyenne d’âge : 65 ans. Nationalités : suédoise et allemande principalement. Le responsable du club est un Suédois et, comme beaucoup, il vit 6 mois de l’année en Thaïlande. Il est fier de nous présenter le cycliste le plus âgé du groupe qui a 79 ans !


La chaleur est de plus en plus étouffante et une baignade s’impose dans une petite crique. Pendant que Noémie cajole des chiots, on part à tour de rôle faire une balade qui s’avère acrobatique. Manon déconseille au vieux monsieur qu’elle croise en descendant de tenter de s’y aventurer. On doit s’accrocher à une corde et grimper entre les rochers. Mais là-haut le paysage sur la mer et la plage est magnifique.


Le lendemain, on visite une grotte. Pour l’atteindre la balade est également intense mais cette fois-ci Noémie peut venir avec nous et son endurance nous impressionne. On se dépêche car il faut y être à 10 heures afin d’observer les rayons du soleil passer à travers le trou au plafond et éclairer un petit temple. Le spectacle est fascinant.


Ce soir-là, on campe dans un parc naturel. Notre tente est à quelques mètres de la plage. C’est le spot idéal. On rencontre Michel et Janette, un couple de cyclistes franco-mexicain avec qui on va manger et camper. Le lendemain, ils partent très tôt mais on sait déjà qu’on les retrouvera deux jours plus tard chez Cédric, un « warmshower » suisse.


La maison de Cédric est incroyable. Il n’est pas là en ce moment et nous laisse profiter de son logement, dont l’immense piscine. Lisa, une Allemande croisée en route nous rejoint. Elle est plus jeune que nous, voyage seule à vélo et dort dans un hamac ou à même le sol. Son esprit d’aventure à la dure nous impressionne. Nous cuisinons tous ensemble et passons un super moment. C’est plein de regrets que nous quittons ce havre de paix. La route qui s’ensuit est exceptionnelle : des cocotiers à perte de vue dont nous savourons l’ombre et des vaches qui paissent au-dessous. Parfois, nous croisons le chemin d’un groupe de singes. La route est presque parfaite, si ce n’est quelques kilomètres dans le sable dont nos muscles se souviennent encore.


Les chiens sont une plaie en Asie du sud-est mais encore plus dans cette région. Toutes les jolies petites routes sont bordées de maisons isolées et devant chacune d’elles on rencontre un ou même plusieurs chiens de garde qui nous grognent et nous aboient férocement. On a essayé différentes approches : accélérer, ralentir, faire des gestes, leur parler. Rien ne fonctionne vraiment. Cependant, quand on est sur nos vélos, ils ne vont jamais jusqu’à nous mordre les mollets, pour l’instant en tout cas ! Parfois, ils nous suivent quelques mètres et finissent par lâcher l’affaire. Notre spray au poivre en main nous rassure à peine. On a rencontré des cyclistes terrorisés qui préfèrent prendre l’autoroute pour les éviter. Après réflexions, on s’est dit que les voitures étaient plus dangereuses que ces molosses.


Un peu avant Chumphon, on rencontre le premier Suisse du voyage. Il s’appelle Georges, vient de Winterthur et nous conseille d’utiliser notre sonnette pour faire fuir les chiens. On essaiera la prochaine fois. Il nous fait découvrir le tamarin et le durian. On avait beaucoup d’a priori sur ce dernier, mais il s’avère en fait délicieux. Ça a la consistance d’un avocat. La chair est jaune clair et ça sent plutôt bon. Une nuit plus tard, on comprend la réputation du durian. On décide de laisser le morceau qui nous reste dehors tant son odeur envahit notre chambre. Ça sent bon mais c’est intense. On comprend mieux pourquoi ce fruit est interdit dans certaines chambres d’hôtel.


Avant d’embarquer pour l’île de Koh Tao, on passe encore une nuit sur cette côte. On craque pour un bungalow sur la plage. Le monde est petit : nos voisins de chambrée sont suisses romands ! C’est un couple qui vit à la Brévine et qui profite du soleil thaïlandais. Ils nous racontent leurs aventures de jeunesse. À l’époque, ils sont partis voyager autour du monde avec leurs trois enfants pendant plusieurs années. La dame nous avoue : « On nous prenait pour des fous ! ». On salue cette démarche précurseuse !


Pour finir, on note que cette côte est très panachée. Pendant 30 kilomètres, on se sent en Thaïlande (meute de chiens, restaurants à pad thaï, maisons avec cuisine à l’extérieur, tas de noix de cocos...). Puis les 10 kilomètres suivants, on se sent dans une tout autre ambiance : les « resort » défilent et on voit des Blancs, des magasins d’habits de plage et des supérettes. Sur quelques kilomètres, on a l’impression d’être transportés d’un monde à un autre.


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